Vous habitez en ville depuis toujours et vous rêvez d’une résidence secondaire à la campagne ou d’une maison principale dans les banlieues plus champêtres de Québec, telles l’Île d’Orléans, Stoneham, Sainte-Brigitte-de-Laval, etc. d’où vous pourrez voyager soir et matin.

Voici quelques points de réflexion à retenir si vous ne voulez pas que votre rêve devienne cauchemar, surtout si vous êtes citadins depuis toujours. Je vais trahir mon âge en vous citant l’émission Les arpents verts où toute sorte de péripéties attendaient ces citadins fraîchement débarqués à la campagne.

Fosse septique

En général, lors de ce genre d’achats, il n’y a pas des services municipaux d’aqueduc, surtout si l’on est isolé dans un rang ou sur la route.

Les acheteurs doivent être prudents. Tout d’abord, il est important de savoir que l’inspecteur en bâtiment ne se prononce pas sur la fosse septique. On peut demander à la municipalité s’ils ont des informations à ce sujet, demande de permis, etc., mais cela ne garantit pas nécessairement la conformité de la fosse et de plus les lois changent assez rapidement à ce sujet.

Selon moi, cela vaut la peine d’engager un technicien spécialisé en ce domaine qui est au fait de toutes les lois environnementales pour ne pas avoir de mauvaises surprises. À titre d’exemple : on ne peut pas reconstruire une fosse sur le remblai créé par une ancienne fosse, il faut respecter une distance de 100 pieds avec tout puits, le sien et celui du voisin. Il y a eu un agrandissement et la fosse ne peut soutenir que deux chambres et non trois. Les puisards (fosse en béton que l’on vide, mais dont l’excédent se déverse dans un fossé sans champ d’épuration) sont de moins en moins tolérés. Le champ d’épuration est saturé. Etc.

Je vous suggère de prévoir un montant d’environ 15 000 $ dans l’éventualité d’un scénario catastrophe, celui-ci étant que la seule solution possible pour remplacer la fosse est l’installation d’une lampe à rayons ultraviolets qui ne nécessite pas de champ d’épuration.

Le puits

Il y a deux sortes de puits ; de surface et artésien. Lors d’une transaction, on demande en général une analyse de l’eau, mais celle-ci peut-être biaisée si le vendeur a nettoyé le puits à l’eau de javel. Ces derniers ne sont pas nécessairement de mauvaise foi, car les résidents à la campagne le font systématiquement, mais s’il y a des bactéries nuisibles à la santé, celles-ci peuvent revenir à la charge.

Il est quand même bien de mettre cette condition et de vérifier aussi les taux de fer et de nitrates que l’on ne trouve pas nécessairement dans une analyse de base.

Une lampe à ultraviolets, qui doit souvent être connectée à un adoucisseur d’eau pour une protection maximale, donne une eau très bonne à boire. Cette lampe doit être remplacée chaque année. Vaut mieux donc prévoir ces coûts aussi.

Rives et servitudes de passage

Les normes de construction pour les rives évoluent assez rapidement. Certaines maisons ont des droits acquis et si celle-ci passe au feu, on ne peut plus reconstruire sur les mêmes fondations.

Les servitudes de passage et les accès au fleuve doivent être très bien établis et revérifiés. Si un droit de passage d’accès au fleuve n’a pas été utilisé depuis plus de dix ans, le propriétaire qui devait accorder ce droit peut le contester et vous le perdrez. D’où l’importance de demander un nouveau certificat de localisation.

En conclusion, j’espère ne pas vous avoir trop découragés dans la réalisation de votre rêve : si rat des villes devient rat des champs, des infos utiles il saura…

Marie-Hélène Ouellette

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Marie-Hélène Ouellette

Marie-Hélène Ouellette oeuvre dans la domaine de l'immobilier depuis près de 10 ans, principalement au centre-ville de Québec, entre autre pour les condos, mais aussi là où ses clients l'amènent.

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